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  • Romie2000

MEET NINA

Nina est aussi envoutante qu'un soleil de fin de journée en été. Ce truc qui te prend tout le corps pour te noyer dans un grand bain de sérénité. Entière, puissante, ses allures de femmes fatales aux accents vintage cachent en fait l'esprit vif et éveillé d'une jeune femme de 21 piges. Nina ne fait pas mine d'être libre. Sa liberté et son intuition l'ont déjà accompagné tellement loin sur le chemin de l'auto-amour, qu'en réalité il suffit de la lire pour s'en inspirer, pour apprendre à s'émanciper du regard des autres. Mais comme il faut bien que j'écrive une intro j'ajouterais juste que : cette jeune vidéographe - réalisatrice - directrice artistique - styliste - bijoutière sait tout faire parce qu'elle sait s'écouter, se faire confiance et foncer. Comme on devrait toutes oser le faire. Elle nous parle de son héritage italien, de seins nus sur instagram et de conquête de sa propre féminité...



Comment tu as voulu faire de l'art ton métier ?

J’ai toujours voulu faire de l’art, depuis toujours, mais je savais pas trop si je voulais aller dans la mode, dans l’image, dans la com. Quand je suis arrivée en prépa, dès ma première année, je me suis rendu compte que j’avais pas envie de faire un choix entre tous ces domaines. Avec le cinéma, la vidéo, je peux intégrer un peu tout ce que je fais : les vêtements que je crée, les chansons que je chante. Donc ça a été le point de départ, je voulais faire de la vidéo c’était sûr. Puis j’ai commencé à voir qu’il y avait des thèmes qui étaient de plus en plus récurrents : la féminité, le rapport à l’intimité et à la liberté. Là j’ai l’impression de créer une sorte d’album géant de ces trois thèmes qui reviennent tout le temps. Je commence à avoir pas mal de petits bouts d’oeuvre qui à la fin formeront un truc global et plus important du coup.




Tu as eu envie de créer très tôt, ça s’est manifesté comment ?

Depuis que je suis petite, je suis hyper connue pour mes fameux déguisements. Je me déguisais avec tout ce que j’avais, du coup très tôt ça a commencé par la mode. J’utilisais tous les vêtements, tout ce que j’avais pour me déguiser, faire des tenues de dingue et tout. Du coup c’est trop drôle parce qu’il y a plein de photos de moi depuis que j’ai 4 ans, où j’ai par exemple un boa en plume, du léopard et une clope dans la bouche. Après, en primaire, j’ai commencé à écrire de la poésie, des petites poésies d’enfant tu vois. La première poésie que j’avais écrite, ma maîtresse l’avait bien aimée du coup on l’avait fait apprendre à toute la classe. Première fierté (rires).



Pourquoi tu penses que c’était important pour toi de te déguiser, de rentrer dans des personnages ?

Je me rappelle que j’étais toujours un peu frustrée par les vêtements que je devais mettre quand j’allais à l’école. C’est-à-dire des vêtements normaux. Même si ma mère m’a laissé choisir assez tôt ce que je voulais porter, ce qui fait que assez tôt j’étais habillée n’importe comment à l’école. Mes déguisements c’était pas des déguisements, c’était que les vêtements de ma soeur, ou de ma mère, ou de ma grand-mère. Du coup ça me permettait de jouer à la grande. Et j’ai l’impression que mon style de maintenant est pas si loin de mes styles de déguisements de quand j’étais plus jeune. C’est-à-dire toujours un peu too much, plein de couleurs et tout. Ça m’a permis d’avoir une liberté assez tôt sans me brider l’esprit avec « il faut que je m’habille comme ci, comme ça ». Donc assez tôt je faisais un peu ce que je voulais, et ça s’est concrétisé quand j’étais au collège, j’ai commencé à faire des petits vêtements, des jupes, des pochettes etc. J’ai créé un petit business. Et ça m’a permis aussi de me rendre compte que je pouvais un peu faire ce que je voulais, que ça plaisait, et que je pouvais faire de l’argent avec ça.




Maintenant que tu as remarqué que les sujets liés à la liberté, l’intimité et la féminité t’intéressaient, comment tu les intègres dans ton travail ?

Y’a des thèmes qui me choquent dans la société et que j’ai envie de traduire d’une manière qui me ressemble. Donc ça c’est la partie engagée, qui n’a pas d’autre but que l’engagement. Et y’a une partie où je crée plus, que ce soit des spots publicitaires pour ma marque de bijoux ou des clips, et tout ça me permet de m’amuser autrement, c’est-à-dire de faire des trucs plus… je dirais pas joyeux parce que même quand je fais des trucs engagés j’essaye de ne pas faire ça dans la morosité. Mais j’essaye d’expérimenter plus, de découvrir de nouvelles parties vers lesquelles j’ai envie d’aller. Par exemples là je dois faire des campagnes publicitaires, et ça c’est aussi l’occasion pour moi de développer ma direction, voir ce que je suis capable de faire. Donc j’essaye toujours d’expérimenter au maximum pour élargir mon champs de vision et mon champs d’action.



Et ton univers iconographique, tu le décrirais comment ?

Je le décrirais comme solaire du coup, y’a toujours plein de couleurs, c’est toujours des couleurs saturées, hyper chaudes etc. Il est aussi un peu fantastique, merveilleux. Parce que j’aime bien jouer sur ces thèmes-là, faire des trucs qui n’existent pas dans la vraie vie mais qui au final peuvent traduire des choses réelles. J’aime bien ce mélange à la fois merveilleux et très encré dans la réalité. Je suis pas dans le cinéma réel, j’ai vraiment envie de faire des trucs rigolos, où les gens s’amusent, ont envie de regarder. Et si par la même occasion ils peuvent s’éduquer c'est encore mieux. En en apprenant plus sur la féminité notamment. C’est vraiment ça que j’ai envie de combiner. Mais il y a aussi des refus à une iconographie plutôt vintage, et ça je saurais pas trop t’expliquer parce que depuis le collège je m’habille en vintage à mort. Finalement j’ai un peu une ambivalence avec le vintage, parce que souvent dans son iconographie, les femmes sont un peu mises comme des objets sexuels. Mais j’aime bien réutiliser l'iconographie vintage pour la réadapter, la détourner tout en gardant son aspect esthétique qui me plaît beaucoup. En fait je me rends compte que globalement, je préfère les vieilles musiques, les vieux appartements, les vieux vêtements. Maintenant je m’habille plus qu’en seconde main d'ailleurs. J’aime bien les trucs vintage parce que c’est souvent très référentiel, on sait de quoi on parle.



À chaque fois que tu postes une image de toi avec un super look, ou une perf, il y a une certaine posture. On a l’impression que c'est un hommage à une grande femme d'une autre époque que t’aurais en tête. Tu les imagines ? Tu les fantasmes ? Comment tu t'en inspires ?

Au début sur Instagram j’avais mon vrai nom, et en fait quand j’ai sorti ma marque qui s’appelle Baldetti, donc le nom de ma grand-mère; je me suis dit « OK Nina Baldetti je peux vraiment m’amuser avec ce personnage ». Ce truc vintage ça me permet vraiment d’en faire des tonnes sans qu’on me dise « cette meuf elle se la raconte dans la vraie vie ». J’espère que c’est pas ce qu’on se dit, j’espère qu’on voit que c’est vraiment un jeu, comme quand je me déguisais quand j’étais petite. J’aime bien me mettre en scène comme ça, je trouve ça vachement rigolo. Et effectivement Nina Baldetti c’est en fait un mélange de toutes celles qui ont pu m’inspirer, réelles ou irréelles. Le fait d’avoir créé ce genre de personnage ça me permet vraiment du coup de par exemple montrer mes seins sur Instagram. Je sais pas si j’aurais osé en gardant mon vrai nom, mon identité de tous les jours. Vraiment ça me permet de faire des choses que je ferais pas en mon nom. Et c’est comme ça que j’aime utiliser Instagram, sinon je trouve qu’il n'y a pas d’intérêt. C’est comme une caméra, et c’est comme si je faisais un film en fait sur Instagram. Je trouve ça rigolo.


Il y a d’autres raisons pour lesquelles tu as pris le nom de ta grand-mère ?

J’ai grandi dans une famille matriarcale, ça veut dire que tous les hommes, soit ils sont partis à un moment donné, soit ils étaient pas très présents… en tout cas c’est vraiment les femmes qui ont fait l’éducation et l’héritage. Et donc ma grand-mère, qui s’appelait Danielle Vanni Baldetti, elle a perdu son nom dans le mariage avec mon grand-père. Et après ils ont divorcé, ma grand-mère s’est retrouvée toute seule, et elle a pas récupéré son nom. Du coup le nom Baldetti a été perdu et je trouvais que c’était vraiment dommage parce qu’il y une partie de l’héritage, en plus de l’héritage italien de ma famille, qui s’est évaporé à cause d’un homme. Et là je trouvais que c’était vraiment l’occasion de ressusciter ça. Maintenant il sera là pour toujours parce que c’est le nom de mon entreprise, donc c’est vraiment un moyen de ressusciter l’héritage féminin de ma famille.


Pourquoi défendre le nu à l’image ? Est ce qu'il y a un sous-message ?

Avec ce personnage que j’ai créé, c’est un bon moyen de passer de sujets dont je veux parler, de la réalité la plus crue, à Instagram. Et donc le partager au plus de monde possible grâce à ma petite communauté. Tout en les rendant un peu sexy, rigolos etc... Et en faisant ça, en me montrant nue par exemple, c’est le moyen parfait pour désacraliser le corps de la femme, désacraliser ce côté hyper sexuel. J’ai ce côté un peu pin-up sur Instagram, mais quand je fais la pin-up je fais rarement la pin-up à poils. Quand je me mets à nu c’est vraiment que j’ai envie de désacraliser, j’ai envie de montrer un corps naturel, un vrai corps quoi. Dès que j’ai commencé à laisser pousser mes poils sous les bras par exemple, j’ai pas hésité à montrer. C’est vraiment l’occasion de montrer un corps féminin qui n’est pas objet mais complètement sujet, parce que je fais ce que je veux, je le fais à ma sauce. Y’a pas mal de gens qui ont pu me dire des trucs sur Instagram du genre « pourquoi tu montres tes seins, les poils c’est dégueu », mais en fait ces gens je les bloque et puis c’est terminé. Je veux vraiment montrer qu’on est sujet de soi et qu’on fait ce qu’on veut. Que sur Instagram on peut le faire mais que dans la vraie vie aussi. Souvent quand je fais mon truc de pin-up j’aime bien montrer après le « behind the scene » ou quand j’ai raté mon truc, pour montrer que tout ce qu’on montre sur Instagram, tous les trucs trop cool, engagés etc, en fait c’est des trucs qui sont pas si durs à appliquer dans la vraie vie. Et c’est faisable tout en restant un peu rigolote, un peu sexy; c’est vraiment ça que j’essaye de montrer.



Et toi à titre personnel, tu as toujours eu un rapport simple à ton corps ?

Bin non, comme tu peux imaginer. Quand j’étais plus jeune j’étais grave complexée par plein de trucs. J’avais même établi une petite liste de trucs à changer chez moi. Y’avait mon nez, mes sourcils, je me trouvais trop grosse, et puis tous mes problèmes d’épilation qui était un problème énorme dans ma vie d’adolescente. Et je me suis rendu compte au fur et à mesure que j’ai grandi, qu’il y avait des trucs que je pouvais pas changer. Notamment le fait que j’ai des poils, c’est comme ça; j’ai testé le laser, j’ai testé plein de trucs, sauf que ça n’a pas marché donc je me suis vraiment rendu compte que le sort veut que j’ai des poils ! Donc tant pis. Et je me suis dit « qu’est-ce qui vaut le plus la peine ? Me prendre la tête comme une ouf (parce que vraiment littéralement je me prenais la tête, tous les étés c’était un enfer, je trouvais pas de solution, c’était horrible, et puis j’en avais partout, j’en avais au milieu des sourcils, ça me prenait trop de temps, trop d’argent, trop de tout) ou est-ce que ça vaut plus le coup de tenter au naturel ? ». Et j’ai tenté au naturel, j’ai laissé sous mes bras, et ça a été hyper naturel. Au début je rasais mais plus rarement, maintenant je rase plus du tout. Maintenant j’ai commencé sur mes jambes, donc ça c’est un nouveau pas, j’ose pas encore trop montrer mes jambes quand même mais je me dis que c’est nécessaire, qu’il faut que je passe par là. Et un jour j'ai arrêté d'épiler mes sourcils et je me suis dit « mais je suis sérieuse moi, j’aurais pu faire ça depuis dix ans ! ». C’est qu’une question de regard des autres, c’est qu’une question de culture, et quand je me suis rendu compte de ça j’ai tout lâché. Mais il y a toujours des choses sur lesquelles j’ai du mal à lâcher prise. Là j’ai pris 5 kilos à cause de ma pilule, ce qui en soi est pas énorme, mais j’ai toujours du mal à l’accepter. J’ai du mal à accepter que mon corps change, à voir que ce n'est plus un corps d’ado. J’ai pas mal de difficultés; et notamment à cause du regard de ma famille, alors que ce sont toutes des femmes, toutes féministes. Mais y’a toujours le truc de ta mère qui te regarde « ah t’as un peu grossi » etc. Et ça j’ai vachement de mal à m’en défaire, même si j’essaye. Maintenant j’habite seule, ça devrait être plus simple. Mais par exemple l’été quand je suis avec elle et qu’elle voit mes poils sous les bras, je sais qu’elle trouve que c’est dégueu, et c’est vraiment un énorme travail d’essayer de m’en foutre et d’essayer de passer au-dessus de ça. Je sens que je suis sur la bonne voie, et que dans quelques années je serai totalement ok avec toutes les parties de mon corps, mais ça a pas toujours été facile en effet.


Qu’est-ce qu’à l’inverse tu aimes chez toi ?

Un des trucs que je chérie le plus c’est mon nez, mes sourcils, tout ce que je détestais avant. J’ai réaccepté ce que j’étais, c’est comme si je l’avais redécouvert avec des nouveaux yeux. Je me suis dit « c’est cool en fait, c’est qui je suis, c’est hyper singulier ». Et ce que j’aime dans ma personnalité c’est un peu ça, le fait que j’ai eu cette force de caractère qui m’a permis de finalement m'accepter. Du fait que dans ma vie d’ado qui était pas facile j’ai pu passer au-dessus de trucs qui auraient pu être traumatisants et que je suis fière d’avoir dépassé. Et je suis assez fière de mon indépendance, parce que j’ai eu besoin de personne pour faire ce travail, j’ai pas attendu qu’on me dise « ton nez il est beau ». Je sais que je suis à l’aise toute seule et que j’ai pas besoin des autres. Je vois qu’il y a plein de gens qui arrivent pas à être seul et du coup cette indépendance c’est vraiment une force.

Comment tu as réussi à gagner cet auto-amour ?

Déjà je pense qu’au début c’était par flemme, je pouvais pas me prendre la tête autant avec mon physique, c’était trop fatiguant. J’avais des projets à faire, de l’argent à faire, je voulais pas me gâcher la vie avec ça. Et je pense qu’Instagram et Nina Baldetti ça a beaucoup joué aussi. Parce qu’en me mettant en scène dans ce personnage, et en mettant en scène mon corps au naturel, je me suis rendu compte une fois que c’est sur mon écran de téléphone, sur mon feed Instagram, que je me plais en fait. Je vois que je suis vraiment qui je suis, que je suis contente d’être allé dans cette direction, j’envie pas les autres meufs, j’ai pas envie d’être comme unetelle ou unetelle. Le fait de me voir sous un jour que j’ai orchestré, que j’ai vraiment décidé, je me suis dit « en fait je peux faire ça dans ma vie, je peux faire ça tout le temps » et ça m’a permis vraiment de plus m’accepter et de plus m’aimer.


Si chaque femme artiste avait un message quel serait le tiens ?

Je pense que chaque femme, même si son intention c’est pas de transmettre un message, en transmet un par le simple fait d’en être une. Mais je pense pas par contre qu’avoir un message ce soit nécessaire. Je pense qu’on peut très bien faire de l’art pour l’art et, qu’on soit une femme ou un homme, on n’est pas obligé d’avoir quelque chose à revendiquer. Mais moi personnellement j’ai souvent quelque chose à revendiquer. Le message que j’aime transmettre, et je me rends compte de plus en plus que c’est vraiment "la liberté avant tout !" Que tu sois une femme, un homme, tu peux tout faire, remettre en questions tous les diktats, tout ce qu’on t’a appris, et tu peux vraiment faire ton chemin, un truc qui t’es personnel, qui t’es propre, et rien n’est censé pouvoir t’en empêcher. Je pense que c’est vraiment ça, sous tout ce dont je parle y’a ce truc de la liberté. Y’a aucun code qui doit être assez lourd pour te faire pencher d’un côté ou d’un autre.



Comment tu vois l’amour, qu’est-ce que tu en attends ?

J’ai commencé à voir des garçons assez tôt, je suis rentrée dans la sexualité assez tôt, pas forcément d’une manière hyper cool. Donc du coup j’ai quand même eu beaucoup de temps malgré mon jeune âge. Au final ma période de vie amoureuse est quand même relativement longue. Et quand j’étais plus jeune, j’ai pas envie de dire que je me suis fait avoir parce que j’ai pas la sensation de m’être fait avoir par les hommes; mais je me suis un peu perdue. J’avais ce truc où je voulais leur plaire donc parfois je me trahissais un peu. Voilà je me suis un peu trahie, perdue. Et là plus je grandis, plus je redécouvre le fait d’être avec un garçon, qu’on soit sur le même pied d’égalité, qu’il n'y ait pas ce rapport de dominant/dominé. C’est-à-dire que soit j’étais dominée et le mec pouvait faire un peu ce qu’il voulait, soit c’était moi qui dominait et là je me laissais, je quittais le mec en une semaine et voilà. Et là, avec mon amoureux actuel, y’a pas de dominant et de dominé. C’est au plus simple. Et c’est parfois bizarre parce que ça chamboule un peu ma conception du couple, de l’amour; mais je sens que du coup c’est vachement plus sain, et je suis vachement plus à l’aise dans cette relation qui me permet vraiment de me montrer au plus naturel. Avant je me prenais la tête de ouf sur plein de trucs, et là je suis en train de découvrir ce que c’est que d’être normal aux côtés d’un homme, de pas avoir peur qu’il te juge, qu’il te quitte pour un truc de merde. Et ça franchement c’est un truc que je souhaite à plein de meufs. Surtout que je me rends compte qu’on est beaucoup à être passées par ce truc d’attente de validation de son mec. Je pense que c’est grâce au fait que c’est une bonne personne, et aussi plus je me suis acceptée plus je sais ce que je vaux donc il y a plus moyen qu’on se joue de moi. J’ai vraiment acquis un truc qui ne partira pas, c’est-à-dire que je pense plus que je vais pouvoir un jour me re-laisser dominer par des mecs parce qu’ils sont formidables etc. Je sais vraiment ce que je vaux, je sais que la personne avec qui je suis a de la chance, j’ai de la chance d’avoir trouvé quelqu’un qui m’accepte sous toutes ces coutures et qui peuvent souvent déplaire à des mecs. Maintenant je sais que je me mettrai plus avec des mecs qui n’acceptent pas le fait que j’ai des poils etc, pour moi c’est des questions qui ne se posent même plus. Je sais qu’il faut que je sois avec un mec qui pense un peu comme moi, ou qui soit ouvert à la discussion.


Comment tu l’appellerais cette chose que tu as acquise, qui est là, solide, presque indestructible ?

Je la nommerais comme la reconquête de sa propre féminité, la conquête de son essence, de qui on est vraiment. Quand tu effaces un peu tout ce qu’il y a autour, tous les trucs liés à la féminité des médias, tu te retrouves avec ce qu’il reste, et ce qu’il reste c’est son essence. Et si tu développes ça, et si tu la renforces, si tu la rends plus solide, là pour le coup c’est indestructible, y’a pas de retour en arrière. Par rapport à mon nez ou mes poils, maintenant, peu importe ce qu’on me dit, ça va me faire ni chaud ni froid, et ça ça retournera jamais en arrière. Après il y a des trucs qui sont toujours en construction. Ça je pense que c’est un truc qui ne finit jamais de se construire, surtout quand on est une femme, et qu’il faut vraiment cultiver et pas perdre de vue. Et souvent en amour c’est ça, tu perds ça de vue pour te concentrer sur l’autre. Si tu restes concentré sur ton essence, ça t’empêche pas de voir l’autre, et surtout tu te perds pas.


Comment tu te visualises dans dix ans ?

Alors j’ai un super plan de vie (rires). Je me visualise soit à la campagne, soit en Italie; en tout cas pas dans une grande ville, pas dans le chaos urbain. Je me visualise dans une vie qui est pas du tout tournée vers le travail, quitte à ne pas avoir d’argent. Je veux vraiment une vie où je suis libre de créer avec ce que j’ai ce qui m’entoure. Mon rêve dans dix ans c’est d’avoir une grande maison à la campagne, isolée de ouf, avec un immense terrain, faire des films dans mon jardin comme je fais maintenant. Si je peux les vendre bin tant mieux, mais que je me prenne pas la tête avec ça. C’est tout ce que je veux, être tranquille, au soleil. J’ai pas de plan de carrière, je m’en fous de la carrière, je m’en fous de l’argent, je dirais même que je m’en fous de faire des enfants etc, c’est le cadet de mes soucis. Tout ce que je veux c’est me sentir bien, là où je suis, que j’ai pas besoin de bouger, sentir que je suis à ma place.


Merci Nina <3


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