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  • Romie2000

MEET YASMINE

Yasmine est née à Marseille et s'y épanouit depuis 26 ans. Entre la roche et le bitume de sa ville, elle s'est découvert une passion pour les fleurs dont elle fait aujourd'hui son métier. Vivre et grandir à Noailles lui a permis de garder l'esprit ouvert et de cultiver son amour pour les mélanges et les différences. Elle compose aujourd'hui sa vie intime comme un gros bouquet dans lequel chaque personne ayant du coeur et un certain sens de la loyauté y trouvera sa place. Mi fleur bleue, mi badgal, Yasmine perd vite patience face aux intolérances qui viennent brider les femmes qui ont décidé de faire ce qu'elles veulent. Elle nous parle de mini-jupes, de Londres et de surconsommation du sexe...



Comment tu te construis au quotidien en tant que femme ?

J’ai toujours été une fille très coquette, et j’ai beaucoup de clichés de la fille à ce niveau-là : ma couleur préférée c’est le rose, j’adore faire mes ongles... Je me dis que je fais ce que je veux, c’est pas parce que des gens vont penser que je suis quelqu’un de superficiel, que je dois me laisser avoir par ce truc-là. Par exemple quand je bosse dans le magasin de fleurs, c’est « oh t’arrives à travailler avec tes ongles », « t’as le temps de te maquiller le matin », bref c’est toujours pareil. Je pense qu’il faut que les filles arrêtent de réfléchir à ce que les autres vont penser d'elles. Les gens trouveront toujours quelque chose à dire sur toi. Qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme d’ailleurs. Parce que moi j’ai eu beaucoup de remarques de filles, que ce soit en soirée, dehors ou au travail. Du coup j’ai toujours eu ce truc de « je m’en fous en fait ». Et mes parents m’ont toujours dit qu’il fallait que je m’en foute. Que si j’ai envie de porter des choses très courtes, ça regarde que moi. Je remercie beaucoup mes parents pour ça, parce que j’ai jamais eu peur de porter quoi que ce soit. Moi j’aime bien être sexy, j’aime bien être apprêtée, j’aime bien tout ça. L’apparence ça veut rien dire, c’est juste toi qui montre ce que t’as envie de montrer.



Quelles sont les femmes qui t’inspirent en général ?

Je dirais en premier Rihanna ! Je l’aime. Parce que bien entendu j’adore la musique qu’elle fait, puis j’aime aussi ce côté où elle aussi elle s’en fout. Elle a réussi, elle essaye de toucher à tout, et ça marche. J’aime bien aussi le fait qu’on sache peu de choses sur sa vie privée, que ce soient un peu des mystères qui planent, qu’on fasse des histoires alors qu’en fait on sait rien. Si ça se trouve elle est en couple avec une meuf depuis 20 ans et on le sait pas genre. Après j’aime bien Aya Nakamura parce que pareil c’est une fille qui a réussi et qui a dit « bah en fait je suis une femme noire qui n'a pas le physique que tout le monde attend et je suis en train de niquer tout le game ». Après y’a plein de filles qui sont pas forcément connues qui m'inspirent. Et ça c’est un bon côté des réseaux sociaux, c’est-à-dire que c’est pas forcément des filles qui font quelque chose d’artistique ou de créatif, c'est des filles qui vont un peu déballer leur vie sur Instagram et je trouve ça cool parce qu’il y en a qui font des trucs intéressants ! Même si c’est juste aborder le make up ou le vêtement, ou partager ce qu'elle va lire sur les réseaux. C’est des gens à qui on n'aurait jamais parlé si les réseaux n'existaient pas. Je trouve ça intéressant d’avoir cet espace-là pour s’inspirer d’autres personnes.



Tu as passé pas mal de temps à Londres. Tu as remarqué des différences ou des points communs entre ta ville natale (Marseille, ndlr) et Londres ?

La meilleure amie de ma mère vit à Londres, et elle a une fille de mon âge. Donc on se connaît et on se voit depuis qu’on est petites. On est très différentes, mais on s’est toujours très bien entendu. Ces dernières années j’y allais une fois par an. Y’a beaucoup de gens qui font le rapprochement entre Londres et Marseille parce que c’est des villes où y’a toutes sortes de gens, que ce soit culturellement, physiquement; toutes les langues que tu entends, c’est un truc de ouf. Tu peux rencontrer n’importe qui, qui vient d’un pays que tu sais même pas qu’il existe, n’importe où dans la ville, c’est trop bien. Toute la journée tu rencontres des gens, tu vois des choses dans la rue. Et ça c’est un gros point commun avec Marseille ce truc très populaire, parce qu’il y a beaucoup de marchés en plein air, beaucoup de gens qui traînent dans la rue… Moi j’adore Londres effectivement pour ça, et aussi parce que tu peux t’habiller comme tu veux, te coiffer comme tu veux, porter ce que tu veux… tu peux prendre le métro la nuit (bon c’est aussi parce que c’est très surveillé, ils sont fliqués à mort là-bas) sans avoir peur alors que t’as un peu bu et que tu portes des talons et du rouge à lèvres. Ce qui est impossible à faire à Marseille, même quand t’es pas quelqu’un qui a peur. T’as juste pas envie de jouer avec le diable. Et puis, t’es tatoué sur tout le visage, t’as une crête et les cheveux roses, tu peux totalement bosser à la mairie ou être contrôleur dans le métro. Ce côté-là d’ouverture d’esprit, il est vraiment important et c’est vraiment ce qui m’a plu là-bas. Parce qu’au final les rapports entre les gens sont beaucoup plus faciles là-bas. Même avec les hommes en soirée, où quand ils veulent t’aborder… c’est vraiment autre chose. C’est incroyable. Ça change tout. Après, un charo c’est un charo ! C’est juste qu’il va pas te faire chier pendant 3h si tu lui dis non. C’est pas des frustrés. Si tu lui dis non il va juste aller demander le Snap de la meuf qui est 200m plus loin et toi il va te laisser tranquille. Ils ont même pas le temps de te manquer de respect en fait. Ils vont pas t’insulter dans la rue parce que tu t’es pas arrêtée. Ça c’est quand même un truc qui change la vie quand tu sors le soir.



Comment t’est venue l’envie de travailler avec les fleurs ?

J’en ai eu envie à la fin de ma troisième, sauf que vu que j’avais un niveau assez bon, on m’a conseillé d’aller en général au lieu de commencer quelque chose de pro directement. Maintenant je sais que les filières pro c’est mieux, mais quand j’étais en collège c’était vachement dévalorisé. Du coup je suis partie en général, j’ai eu mon bac, je suis partie à la fac, j’ai arrêté la fac, j’ai un peu travaillé parce que je voulais voir ce que c’était le monde du travail. Puis j’ai vraiment réfléchi à ce que je voulais faire plus tard. Je me suis demandé ce qui me redonnerait envie d’apprendre un métier. Et je me suis re-tournée assez naturellement vers les fleurs, parce que c’était quelque chose que j’avais envie de faire mais que j’avais perdu de vue. Et maintenant quand je dis aux gens que je fais ça c’est « oh mais ça te va trop bien » ! Je trouve ça trop cool qu’on me dise ça à chaque fois. Je me disais que je faisais le bon choix. C’est vrai que c’est un métier qui me passionne. Même si c’est un rythme assez dur et que c’est des conditions de travail pas toujours faciles, c’est vraiment un truc qui me plaît, dans lequel je me vois évoluer. Parce qu’en plus tu peux travailler dans le monde entier, des techniques avec des métiers créatifs y’en a dans le monde entier et c’est jamais les mêmes. T’as aussi ce rapport avec la nature qui me plaît. Et tu accompagnes les gens à plein de moments de leur vie. Quand les gens viennent acheter des fleurs c’est qu’ils en ont vraiment envie.



Tu te vois évoluer comment dans cette activité ?

Pour l’instant j’ai vraiment envie d’apprendre, parce que comme je disais dans les métiers créatifs y’a trop de choses à voir, trop de choses à apprendre. Ça m’intéresse d’apprendre des autres. C’est un métier où il y a beaucoup de passion, donc les gens au-dessus de toi ont vraiment envie de transmettre. C’est comme dans la cuisine, dans l’art, c’est des trucs qui peuvent être très personnels mais tu vas aussi beaucoup partager avec la personne qui va vouloir te transmettre quelque chose, et ça ça m’intéresse vachement. Dans le futur j’aimerais travailler avec des set designers pour bosser dans la pub, pour des shootings photos etc. Avoir un atelier m’intéresserait beaucoup plus qu’avoir une boutique. T’as ton lieu mais t’es pas obligé d’y être tous les jours. Un truc où tu fais jamais la même chose. Parce que mine de rien il y a une routine qui est assez vite lassante quand tu bosses en boutique.



Quel est ton rapport au corps, à ton image avec laquelle tu aimes bien jouer sur les réseaux sociaux ?

On va dire que c’est par périodes. Y’a des périodes où j’aime bien poster des trucs sur Instagram, parler avec des gens, c’est cool. Y’a des périodes où je fais autre chose, je suis concentrée sur autre chose et ça va être le cadet de mes soucis. Et en ce moment je bosse pas, je passe beaucoup de temps sur mon téléphone, un peu comme toute la France en ce moment, et le monde entier d’ailleurs. Je trouve ça cool de mon point de vue, et de celui de beaucoup de copines à moi, parce qu’on nous propose de temps en temps des trucs photos pour de la mode, mais c’est pas notre métier, c’est pas ce qu’on a envie de faire. Donc on prend juste les bons côtés des choses, on passe une après-midi avec des gens super gentils, qui vont nous mettre à l’aise, nous faire sentir jolies… Y’a pas cette pression de quand c’est vraiment ton métier, où il faut toujours être bien, faut jamais se laisser aller… et aussi cette pression par rapport aux réseaux sociaux, où il faut toujours poster, toujours répondre aux gens qui te suivent. Quand je vois mes copines qui ont un peu des followers, c’est vraiment beaucoup de temps passé sur son téléphone pour ça. Moi je prends que les bons côtés de ça, quand j’ai besoin d’un petit ego boost ou de me sentir jolie.


Est-ce que la sexualité prend une place importante dans ta vie ?

Pas vraiment parce que je suis capable de rester longtemps sans avoir de rapport sexuel avec une autre personne. Parce que maintenant, enfin depuis quelques années, je sais ce que je veux pas. Et juste partager quelque chose de sexuel avec quelqu’un c’est pas forcément quelque chose qui m’intéresse. J’aime bien l’idée de construire quelque chose avec quelqu’un réellement. Et même si ça fait un peu fleur bleue, connaître une vraie histoire d’amour. On va dire que j’ai pas besoin de sexe pour me sentir désirée par un homme, donc c’est pas quelque chose de très important dans ma vie. Je me sens bien même si j’ai pas de relation sexuelle pendant un moment. C’est pas ça qui va me faire me sentir pas jolie ou moins bien dans mon corps. On vit dans une société où tout va trop vite, on veut toujours aller voir ailleurs s’il y a pas mieux etc. et j’ai vraiment pas envie d’être comme ça. Je veux construire quelque chose de réel avec quelqu’un, c’est ça qui est important. C’est pas se taper plein de mecs différents parce que je me dis que je peux les avoir. Pas besoin d’aller jusqu’au bout pour savoir qu’on peut les avoir d'ailleurs (rires). Après si t’as besoin de coucher avec plein de mecs pour te sentir femme, pour te sentir libre, tu fais ce que tu veux ! Je jugerais jamais personne là-dessus, que ce soit une fille ou un homme ! Pour moi tout le monde fait ce qu’il veut, tant que tu respectes l’autre personne et que tout le monde est consentant. C’est un truc perso, moi j’ai pas envie d’être comme ça, et je me rends compte avec le temps que je suis de pire en pire en fait. Dans le sens où je fais encore plus attention qu’avant. Je pense qu’avoir eu des relations longues ça joue aussi, parce que tu te rends compte que quand c’est bien, c’est vraiment bien.


Merci Yasmine <3



Photos de Amandine Kuhlmann

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